lundi 18 février 2013

Test chausson La Sportiva Futura

En proposant l'année dernière le Futura, le fabricant italien la Sportiva donnait vie à l'évolution la plus avancée de son concept de "chaussette" d'escalade plus que de chausson ! Vous avez aimé le Speedster ? Vous allez adorer le Futura !



Inventeur de la ballerine dans les années 80 avec la mythique Ballerina, puis avec la célèbre Viper, La Sportiva a toujours essayé de créer, avec ce type de chausson, une nouveauté qui marque et change les façons de grimper. On a donc tâtonné avec les très confidentielle ballerines Mantra, puis sa déclinaison Mantra S donc la trop grande radicalité et l'absence de réel talon étaient trop gênants pour pourvoir s'imposer dans une diffusion commerciale classique...
La Sportiva Mantra, une ballerine dotée d'un seul millimètre de gomme pour des sensations totales... mais radicales !
Evolution avec la Mantra S et ses 3,5 mm de gomme et le retour des carres, absentes de la Mantra
Les bases furent posées avec ces modèles et c'est logiquement que la ballerine Speedster a pu voir le jour en tirant la quintessence de ses prédécesseurs, le meilleur de l'expérience acquise mais surtout les nouvelles technologies développées par La Sportiva. Avec le Speedster, la marque révolutionne en effet le chausson en diffusant de manière massive un chausson sans carres et doté de caractéristiques techniques (pointe peu pointue, asymétrie forte, cambre très marqué) poussant à poser ses pieds différemment pour pouvoir être bien exploité et offrir tout son potentiel.

La Sportiva Speedster, première ballerine radicale commercialisée en masse
Pour pouvoir offrir un chausson légèrement plus polyvalent, avec encore une meilleure tenue de pied, La Sportiva a donc décliné le Speedster dans une version encore plus aboutie qu'est le Futura. Il est d'ailleurs à noter que le nom Futura avait déjà été utilisé dans les années 80 par un modèle de La Sportiva, ressemblant au mythique Kendo mais n'ayant pas du tout connu le même succès (tige mi haute et rigidité mal calibrée n'y étaient pas pour rien...).
Le Futura des années 80, dans sa gamme très "oldies"
 Avec ce Futura, on garde donc le concept de pointe sans carre (©No Edge/La Sportiva), de cambre très prononcé et de forte souplesse pour un maximum de sensations et de griffé en pointe. Mais on y ajoute le système de talon ©P3 déjà utilisé sur d'autres de la marque et qui permet autant une tension constante et bien régulée pendant la grimpe qu'un maintien de la forme et des performances dans la durée de vie du chausson. Le Futura est aussi très légèrement plus rigide en torsion qu'un Speedster pour un tout petit gain en support des orteils et donc une polyvalence accrue. Autant le Speedster doit quasiment exclusivement se contenter d'un usage en bloc, autant le Futura peut s'aventurer en falaise. Dans tous les cas, pour l'un comme pour l'autre, il faudra un petit temps d'adaptation pour les utiliser correctement (pose de pied plus à plat sur la prise qu'en carre (puisqu'il n'y a pas de carre !!!), mais il faudra surtout une expérience avérée et une bonne technique pour en profiter pleinement. Enfin le Futura ajoute aussi au Speedster un système de serrage par bride issu du Solution sur le quel il a fait ses preuves en matière de facilité d'usage et d'efficacité.
Le Futura 2012, une arme pour le grimpeur expérimenté
Après quatre mois d'usage quasiment exclusif de ce Futura, en salle et en falaise, je peux en évaluer plus clairement les qualités et défauts.
Côté points forts, aucun doute : tout ce qui était bon sur le Speedster l'est ici aussi, voire même en mieux ! Le griffé est exceptionnel, les sensations du même acabit. La tenue de pied est parfaite avec un talon qui n'est pas très haut mais prend parfaitement bien, tire fort sans faire mal. Le système ©P3 remplit parfaitement son office en diffusant la traction du talon à la voûté plantaire et jusqu'à la pointe plongeante. La bride apporte un léger mieux en termes de personnalisation du serrage. Elle offre surtout au Futura un chaussage plus aisé que celui du Speedster qui pouvait s'avérer pénible. Utilisé en falaise en dévers marqué, le Futura est réellement une arme pour le bon grimpeur à la technique de pied évoluée. En gagnant ce petit rien de rigidité en pointe grâce à son intercalaire d'1,1 mm, il permet également d'exploiter mieux les réglettes et de se "fumer" les orteils un peu moins vite ! Le confort justement, bien que tout relatif vu le type de chausson, n'est pas mauvais loin de là. Enfin, du fait de l'absence de carre, l'usure du chausson est beaucoup plus diffuse et donc lente que sur un chausson classique. Ca compte... A titre d'info, mes Speedster ont deux ans et, en usage alterné avec une autre paire de chaussons, sont en encore en excellent état !

Les points faibles sont aussi clairement identifiables : tout d'abord son prix élevé, pas forcément facile à comprendre face au tarif très ajusté du Speedster ! Ensuite, sa polyvalence relativement réduite : n'espérez pas enquiller une longueur de 30 mètres de dalle à réglette sans vous faire atomiser orteils, voûte plantaire et même mollets ! Cela dit, ce n'est pas le programme de ce Futura ! On ne peut pas tout avoir...
Plus gênant est la longueur de la bride de serrage, qui me semble trop courte. Comme le relevait déjà mon ami Fred dans son test sur Grimpisme, même en ayant un cou de pied plutôt réputé fin, il est à noter que je parviens juste à accrocher le velcro. Vraiment étonnant. Sans doute aussi est-ce dû au fait que je prends mes chaussons petits (- 4 pointures par rapport à la pointure ville), mais des modèles comme le Futura imposent aussi de les choisir plutôt petits...

Bilan
La Sportiva a réussi son pari en parvenant à aboutir de fort belle manière un concept de chausson innovant. Avec ce Futura, on tient sans doute ce qui peut s'imaginer de mieux en matière d'outils pour avaler les voies déversantes les plus exigeantes et les blocs les plus hargneux et techniques. En associant toutes les meilleures technologies actuelles de la marques (©P3, ©NoEdge...), La Sportiva a conçu et réalisé un chausson unique en son genre et tout à fait réussi. Dommage que cela doive se payer au prix fort (environ 110 euros).

Aucun commentaire:

Publier un commentaire