samedi 26 avril 2014

Essai de la Suzuki 1340 Hayabusa

Ce qu'il y a de bien avec les certitudes, c'est qu'elles sont faites pour être ébranlées voire balayées. J'en ai eu une fois de plus la démonstration ce matin lors de mon essai de la Suzuki 1340 Hayabusa, version 2014. Je ne vous le cache pas, j'en suis revenu étonné...

S'il y a un truc que les constructeurs de motos ont bien compris, c'est que pour vendre des machines, il faut les mettre à disposition des motards pour qu''ils les essayent. Il n'y a certainement pas meilleur moyen de susciter l'envie ! Après le passage de la "caravane" Moto Guzzi/Aprilia il y a quelques semaines, c'est au tour de Suzuki et son Demo Tour de passer en terres grenobloises ce week-end. Il m'était difficile de résister à l'appel d'un nouvel essai de moto. Mais en arrivant à Moto Labo, je ne savais pas encore laquelle serait l'élue du jour. Sur invitation de l'ami Bernard, c'est vers la grosse Buse que mon choix s'est porté. "Tu  verras, ça pourrait bien te plaire !" me glisse-t-il goguenard au moment où je m'élance !


C'est donc en compagnie d'une belle brochette de "vrais" GSXR (600, 750 et 100) et de quelques autres machines que je prends la route. Bien sûr, l'essai ne durera qu'une bonne demi-heure, mais ce timing suffit souvent à se faire une première impression déjà assez juste sur une moto.
Première impression à la mise en selle : sans être aussi radicale que celle d'une hyper-sport, la position de pilotage est quand même sérieusement basculée sur l'avant et les poignets, avec les jambes bien repliées et les pieds légèrement reculés. Il faut bien se caler sur le gros réservoir pour soulager un peu la bascule. Le choc est sévère par rapport à la position sur mon maxi-trail ! C'est exactement cette position qui fait que je m'imagine que ce genre de moto ne peut pas me convenir. Et pourtant...


A l'arrêt et très basse vitesse, la direction parait un peu lourde et la machine moyennement maniable. Le rayon de braquage est en outre quelque peu camionnesque, mais on s'en sort quand même assez aisément parce que cette machine n'est pas si lourde (relativement parlant, hein...). En revanche, dès que l'on passe les 20 km/h, l'Hayabusa devient un vrai gros vélo qui se dirige vraiment au doigt et à l'oeil. Surtout, la position sur la machine, qui me paraissait quasi intenable à l'arrêt, est tout à fait gérable en roulant. C'est une vraie claque à mon a priori ! Et globalement, plus on roule vite et mieux on se trouve.. Pas bon pour les points de permis, ça...
Sans être une Gold Wing, le confort à bord justifie largement l'appellation Sport-GT de cette machine. Les suspensions font très bien leur job, la protection est correcte, la selle agréable, la machine facile à emmener. Bref, on peut sans problème envisager de longs périples au guidon de ce missile, d'autant qu'il peut s'équiper d'une bagagerie complète (oui oui, vous avez bien lu !)


Venons-en au coeur de cette engin : son moteur. Le 1340 cc de l'Hayabusa, ici bridé d'une bonne partie de sa puissance, donne déjà une sacrée bonne couche de plaisir. Très coupleux, il offre une souplesse et une onctuosité remarquable. Il accepte de reprendre sans rechigner dès 1.500 tours sur n'importe quel rapport en procurant une poussée qui, sans être violente, vous propulse très très vite loin au dessus des limitations. Je n'ai pas pu aller titiller le haut du compte-tours lors de cet essai, mais il y a fort à parier que la satellisation doit être au programme. Quant à imaginer ce que cela donne avec une machine en full power...
La boite de vitesses est très réussie aussi, avec 6 rapports qui passent en souplesse, se verrouillent bien et permettent de toujours trouver de quoi évoluer au bon régime, que ce soit en mode énervé ou en tourisme. L'embrayage n'est pas dur et assez progressif, vraiment très facile à appréhender et doser.


Et le reste ? Question freinage, ça fait très bien le job, même si le frein avant n'a pas le mordant à l'attaque d'une Ducati par exemple. En en discutant avec les gars de chez Suzuki, la justification m'en est donnée par le fait que l'Hayabusa n'est pas une "vraie" sportive et se pilote donc plus par petits léchages de freins pour ajuster que par gros bourrinages de trappeur en entrée de courbe. Pas faux... Surtout, le bon point de la nouvelle version (depuis 2013), c'est l'arrivée (enfin !) de l'ABS en série sur cette machine. De mon point de vue, c'est un vrai plus.
Le tableau de bord est très complet et joliment réalisé, mêlant adroitement le classicisme des compteurs à aiguilles et des fenêtres digitales. Le rétro-éclairage rouge est du plus bel effet. Les divers commodos (clignos, klaxon...) tombent parfaitement sous les doigts, l'ergonomie générale est juste.



En résumé, sous ses airs de brute épaisse, cette Hayabusa cache un (très gros) coeur. Bien plus accessible que son look extrême ne le laisse penser, pas caractérielle pour un sou, accueillante et confortable (pour une sportive), je comprends que ceux qui roulent depuis des années sur cette moto ne parviennent pas à changer pour autre chose. Si on ajoute à ça une gueule unique, c'est pour moi autant une révélation qu'un coup de coeur !

1 commentaire:

  1. Alors, il est reparti avec la banane et des idées derrière la tête ....

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