20 ans. C'est le temps qui s'est écoulée depuis ma dernière visite à Céüse. Le temps d'une vie... celle d'un jeune homme comme mon fils, par exemple ! En 20 ans, il s'en est passé des choses là-haut. La plus belle falaise du monde mérite-t-elle toujours ce rang ? Il suffisait d'aller voir pour répondre. Chose faite pour clôturer l'année 2025.
Vous allez me dire, et vous aurez au moins partiellement raison : mais pourquoi diable ne pas avoir regrimper à Céüse plus tôt, pourquoi avoir attendu ces 20 longues années ? Réponse : pour plein de bonnes et de mauvaises raisons. Parmi les mauvaises, c'est loin de la maison (alors qu'en fait non !) et la marche d'approche est longue (alors qu'en fait oui, mais c'est pas si grave). Parmi les bonnes, celle d'avoir connu la falaise avec certes beaucoup moins de voies qu'aujourd'hui, mais surtout avec infiniment moins de monde ! Étant devenu un grimpeur quelque peu misanthrope ou, pour le moins, agoraphobe, l'idée de se retrouver par grappes au pied des voies m'insupporte. Et force est de constater que la renommée mondiale de qualité, justifiée, de ce spot en a fait la destination favorite de bien trop de grimpeurs. L'élite y vient essayer les lignes les plus dures de la planète, les groupies viennent voir l'élite et vivre le haut niveau par procuration et le gros de la troupe vient se joindre au mouvement par effet de mode. Voilà comment on se retrouve avec une foule indicible au pied des falaises 6 mois par an...
Ayant décidé de redescendre non pas par le sentier de monter mais par celui en lacets sous Face de rat, nous profitons jusqu'au bout de la journée en grimpant une des belles dalles faciles sous la Demi-lune. Cela nous permettra d'engager la marche de retour au soleil couchant et de bénéficier des fabuleuses couleurs rougeoyantes que seuls les couchers de soleil hivernaux vous réservent. Une magnifique journée donc, qui nous donne forcément envie d'en vivre d'autres ici prochainement...





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