samedi 3 janvier 2026

Flash back à Céüse

20 ans. C'est le temps qui s'est écoulée depuis ma dernière visite à Céüse. Le temps d'une vie... celle d'un jeune homme comme mon fils, par exemple ! En 20 ans, il s'en est passé des choses là-haut. La plus belle falaise du monde mérite-t-elle toujours ce rang ? Il suffisait d'aller voir pour répondre. Chose faite pour clôturer l'année 2025.

Vous allez me dire, et vous aurez au moins partiellement raison : mais pourquoi diable ne pas avoir regrimper à Céüse plus tôt, pourquoi avoir attendu ces 20 longues années ? Réponse : pour plein de bonnes et de mauvaises raisons. Parmi les mauvaises, c'est loin de la maison (alors qu'en fait non !) et la marche d'approche est longue (alors qu'en fait oui, mais c'est pas si grave). Parmi les bonnes, celle d'avoir connu la falaise avec certes beaucoup moins de voies qu'aujourd'hui, mais surtout avec infiniment moins de monde ! Étant devenu un grimpeur quelque peu misanthrope ou, pour le moins, agoraphobe, l'idée de se retrouver par grappes au pied des voies m'insupporte. Et force est de constater que la renommée mondiale de qualité, justifiée, de ce spot en a fait la destination favorite de bien trop de grimpeurs. L'élite y vient essayer les lignes les plus dures de la planète, les groupies viennent voir l'élite et vivre le haut niveau par procuration et le gros de la troupe vient se joindre au mouvement par effet de mode. Voilà comment on se retrouve avec une foule indicible au pied des falaises 6 mois par an...




 
Pour bien reprendre contact, il nous fallait donc attendre le moment propice. Quel meilleur choix, donc, que d'aller à Céüse en plein hiver, quand la falaise est enfin délaissée ? Aucun, pour sûr. L'absence chronique de neige et un soleil radieux nous poussent donc ici un 30 décembre. Notre choix se porte donc sur la découverte des "nouveautés" (en tous cas pour nous) de la Grande Face. J'avais déjà fait quelques incursions dans cette partie de la falaise dans les années 90, en particulier pour y parcourir la fameuse Natilik et son inénarrable ramping horizontal. Tant qu'à innover, autant le faire jusqu'au bout et nous décidons de p^rendre le sentier qui part du parking des blocs. S'il est bucolique à souhait, il est aussi raide que direct... Nous arrêtons notre randonnée pédestre au pied du secteur Inespérance où l'on découvre un caillou à la beauté qui laisse sans voix. Ce n'est vraiment pas pour rien que les grimpeurs viennent à Céüse ! Nous parcourons donc ici nos premières voies de la journée en prenant soin de nous plonger dans l'ambiance typique du secteur, à savoir des voies interminables. On mouline tout juste des relais avec notre corde de 100 mètres... Chaque voie est un voyage à elle seule, sur un rocher incroyablement sculpté. Comble du bonheur, nous sommes absolument seuls et pourtant les conditions de grimpe sont idéales.


 


Histoire de parfaire la journée, nous repartons vers la gauche de la falaise, pour profiter encore plus longtemps du soleil. Nous dépassons le secteur Bibendum et ses gros ventres très déversants et allons finalement jeter notre dévolu sur le 7c de Mâchoire d'âne, une voie donc la réputation d'excellence nous invite à la visite. Bon choix, même si la patine commence à se faire sentir dans la section bloc du bas...
Ayant décidé de redescendre non pas par le sentier de monter mais par celui en lacets sous Face de rat, nous profitons jusqu'au bout de la journée en grimpant une des belles dalles faciles sous la Demi-lune. Cela nous permettra d'engager la marche de retour au soleil couchant et de bénéficier des fabuleuses couleurs rougeoyantes que seuls les couchers de soleil hivernaux vous réservent. Une magnifique journée donc, qui nous donne forcément envie d'en vivre d'autres ici prochainement...

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