samedi 30 mars 2019

Essai BMW R 1250 R : main de fer dans gant de velours !

Au même titre que la GS ou la RT, la R est une des motos les plus classiques et préférées de la gamme R de BMW. Il y a trois ans, j'avais essayé la version 1200 LC, mais je n'avais pas été convaincu à 100% malgré les indéniables qualités de cette moto. La nouvelle 1250 fera-t-elle mieux ?

Esthétiquement, si on regarde rapidement, la nouvelle R 1250 R ne diffère pas beaucoup de la R 1200 R LC qui la précédait. Et pourtant, les changements sont nombreux... mais discrets et en tous cas bienvenus ! Sans les lister tous on remarquera surtout la présence du superbe tableau de bord TFT qui vient avec bonheur remplacer celui de la version précédente dont la lisibilité laissait selon moi sérieusement à désirer. Dans cette livrée Exclusive, elle ne manque pas de charme, indéniablement.



Le plus marquant quand on roule comme moi sur une "grosse" 1200 GS Adventure au quotidien, c'est le changement de gabarit en passant sur cette R. La moto est vraiment compacte, sa hauteur de selle est de 820 mm, mais comme tous les flats elle est très fine au niveau de l'entrejambe du pilote et permet donc à des gabarits de taille moyenne d'être très à l'aise. Par ailleurs, magie du flat encore, le centre gravité est placé très bas et, malgré 239 kg sur la balance, cette 1250 R parait en faire moins de 200. Carrément dingue cette impression de chevaucher un simple biclou. C'est le cas à l'arrêt... et encore plus en roulant ! Emmener une GS dans les virages serrés est déjà facile, mais avec ce roadster, ça devient vraiment une partie de rigolade, tellement facile et efficace qu'on se croit bon au guidon. Car oui, outre un moteur à plat qui aide, la partie cycle à la sauce BMW, c'est quand même quelque chose ! La position de pilotage a été modifiée par rapport à la 1200 R LC, et ça me convient mieux, je "sens" mieux la machine et je la guide plus facilement. Je dirais même que c'est un (gros) jouet.




Le coeur du changement, c'est bien sûr ce moteur 1250. J'ai lu plusieurs fois sur la toile des possesseurs de 1200 qui ne trouvent soit pas de changement, soit n'aiment pas ce nouveau bloc. Personnellement, aucun doute : je n'hésiterais pas une seconde à switcher vers le 1250 ! Je le trouve en tous points supérieurs au 1200 : souplesse, couple, puissance, agrément général... De mon point de vue, le 1250 domine le 1200... ce qui ne veut pas dire que les BMW 1200 LC sont loin derrière. Et même, je peut comprendre que l'on puisse préférer le côté plus "rugueux" du 1200. Mais si l'on rajoute au meilleur moteur 1250 une transmission encore supérieure en agrément, là... Car oui, sur cette R 1250 R, les rapports passent comme dans du beurre, y compris avec le shifter.
Côté confort de roulage, habitué que je suis aux débattements de suspension plus élevés sur la GSA, j'ai trouvé l'amortissement de la R relativement ferme. Mais cette fermeté ne nuit curieusement pas vraiment au confort. En revanche, on prend de l'air plein la poire, mais c'est ce qui fait le charme des roadsters, non ? À partir de 100 km/h, le vent qui tape sur la poitrine soulage même agréablement les poignets qui sont sinon très légèrement en appui sur le guidon. La force de la R, c'est aussi d'être imaginée pour le voyage et donc de pouvoir recevoir des valises bien intégrées, ou encore une bulle. Et la belle selle passager accueillera très bien un SDS qui sera ici bien mieux logé que sur la plupart des roadsters de la concurrence.





Le tableau n'est néanmoins pas parfait. Tout d'abord, il est regrettable que BMW n'ait pas jugé utile de doter cette R du même équipement de freinage que celui des nouvelles GS 1250. En passant de Brembo à Hayes, le mordant et la sensation de freinage de ces dernières est bien meilleur. Là, sur la 1250 R, ce n'est pas mauvais, mais... comme avant sur la 1200, donc perfectible !
Autre point qui pourra être agaçant, le fait que si vous positionnez la pointe de votre pied droit sur le repose-pied, votre talon tape dans la protection de ligne d'échappement et est donc écarté vers l'extérieur. Ce n'est ni ergonomique, ni confortable, ni efficace ! Dommage.


En conclusion, j'ai été bluffé par ce que je considère être les gros progrès fournis sur cette moto. Je la trouve vraiment très réussie et particulièrement agréable à rouler. Le combo partie-cycle/moteur/transmission est parfait et en fait une moto qui pourra aussi bien être roulé en mode tourisme qu'en version carrément énervée. Car l'efficacité égale ici la facilité, une main de fer dans un gant de velours en somme. Bien sûr, il ne s'agira pas de tirer la bourre avec des quatre cylindres 40% plus puissants, mais à l'arrivée du parcours, il y a moyen de ne pas être bien loin derrière... mais surtout dans un bien meilleur état physique eu égard au confort du voyage !
Tous ces progrès se monnayent bien sûr, et il n'est pas évident que le possesseur d'une 1200 R récente juge utile de craquer la tirelire pour une 1250. Malgré tout, pour celui qui peut se le permettre, moi je dis de foncer !

Aucun commentaire:

Publier un commentaire