samedi 15 juin 2019

Essai BMW C 400 GT

Après avoir abordé le marché lucratif du scooter avec ses deux maxi 650 Sport et GT, BMW avait apporté l'excellente solution électrique C Evolution (puis sa déclinaison Long Range). Pour avoir une offre moins onéreuse, élargir sa gamme et adresser un public plus urbain les Bavarois ont choisi de proposer une modèle 400, souvent considéré chez les scooteristes comme la cylindrée idéale pour tout faire. Lancé avec une version X réellement urbaine, le C 400 est désormais aussi disponible en version "embourgeoisée" et, a priori, plus polyvalent GT.

En fait de 400, le BMW C400 GT est plutôt un 350, sa cylindrée réelle. Mais ce bloc (et le scooter dans son entier), s'il ne vient pas du côté de la Bavière mais plutôt asiatique, est très performant puisqu'affichant une puissance de 34 ch, soit autant voire plus que ses concurrents de 400 cc comme le Yamaha X-Max ou Suzuki Burgman. Comme tout bon monocylindre, il vibre et vous secoue un peu sur le régime de ralenti, mais tout ceci s'estompe très vite dès que l'on roule pour laisser place à un réel agrément d'usage et une rondeur plutôt sympathique. Ne vous attendez pas à vous faire arracher les bras par ce C400 GT, il faut un peu lui taper dedans pour qu'il s'élance avec vigueur, sinon ce sera très progressif. Avantage de l'inconvénient du variateur typé de la sorte, c'est la grande douceur et la souplesse qui feront des merveilles en usage citadin, ce qui est bien la première tâche de ce genre d'engin ! Le "voyage" à bord sera d'autant plus agréable que la selle de ce scooter s'avère tout bonnement royale : hyper confortable avec un rapport entre fermeté et maintien parfait et surtout un gros dosseret pour le pilote qui le cale complètement. Une excellent surprise de ce point de vue.



Le confort, ce n'est pas seulement celui d'une selle, mais aussi et surtout celui des suspensions et du comportement routier d'une machine. De ce point de vue, le C400 GT est un très bon compromis. Bien moins sec qu'un X-Max par exemple et moins guimauve qu'un Burgman, il est vraiment à son aise et ménage son pilote dans la plupart des situations de routes, même bosselées ou dégradées. Il n'y a guère que sur des ralentisseurs abordés un peu trop vivement que le coup de raquette se fait sentir au niveau de l'amortisseur arrière. Bien que d'un gabarit assez imposant et d'un poids de plus de 210 kg, cet engin s'avère en outre très maniable grâce à un angle de chasse réduit de la fourche et un centre de gravité finalement assez bas. Qui plus est, si la selle est large sur l'assise, elle est bien plus étroite à l'avant pour le pas élargir l'arc des jambes et ainsi pouvoir poser les pieds le plus à plat possible à l'arrêt et lors de manoeuvres, même pour les pilotes de taille moyenne. Rassurant et agréable. Enfin, le confort c'est aussi la protection. Sur cet aspect, le C400 GT est plutôt dans le haut du panier de sa catégorie, mais il reste perfectible en particulier au niveau du bas des jambes et des mains/bras. La bulle protège bien le torse et la tête (pour qui ne dépasse pas 1,75 m). Comme ce scooter est en plus équipé d'un excellent freinage (double disque à l'avant + ABS) et d'un contrôle de traction, on se sentira à juste titre en sécurité, d'autant que la tenue de cap est fort rassurante.




Là où le C400 GT enterre sa concurrence, c'est sur les équipements disponibles... mais forcément au prix (!) du passage par la case options et packs, BMW oblige ! La version d'essai dont je disposais était bien sûr full options, donc doté de tout ce que l'on peut retrouver sur les modèles les plus haut de gamme de la firme allemande : écran TFT couleur avec connectivité complète, selle et poignées chauffantes, démarrage Keyless Ride...Bref, on est au top avec des choses même pas disponibles du tout chez la concurrence ! En revanche, on regrettera forcément que tout cet attirail ne soit pas accompagné de quelques trucs plus fondamentaux comme des leviers réglables en écartement ou une bulle réglable en hauteur ! Et puis, lorsque l'on cumule le prix élevé du scooter à celui de toutes les options, l'addition file le tournis puisqu'on dépasse allègrement les 9.000 euros ! Le volume disponible sous la selle est moyen pour la catégorie, mais pourra au moins être agrandi en stationnement grâce à l'astucieux système Flex Case qui permettra de stocker un casque intégral. Cerise sur le gâteau, le compartiment sous la selle est éclairé et la selle reste relevée grâce à un bon vérin bien dimensionné. En plus de cet espace, deux vide-poches sont disponibles dans le tablier du scooter (celui de droite est doté d'une prise DIN 12 V) qui se verrouillent en même temps que la colonne de direction pour être sécurisés.







Au final, ce scooter m'est apparu comme une réelle réussite. Il est dynamique, confortable (probablement même en duo), accélère et freine bien, il est sûr de comportement, très bien équipé (avec les options), sa finition est bien au dessus de la moyenne, son esthétique est peut-être discutable sur certains points mais le différencie de ses concurrents. Mais le C400 GT n'est bien sûr pas parfait : la protection pourrait être encore meilleure par exemple. Mais c'est surtout son tarif ultra-premium qui sera sans doute son plus gros handicap sur un marché très disputé.


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