mercredi 8 juillet 2026

En tournée dans les grands cols du sud

La seule solution pour trouver un peu d'air frais en ce moment, c'est de prendre de l'altitude et, même comme ça, c'est pas gagné ! Direction donc quelques-uns des plus beaux cols des alpes du sud, aux noms évocateurs : Izoard, Vars, Bonnette, Cayolle... 

Cette journée restera dans les annales. D'abord parce qu'elle a été la première vraie "grande" virée de Fée Clochette. Ensuite parce qu'après presque trois ans d'abstinence, cette sortie a été l'une des meilleures que j'ai jamais faites... Je vous laisse découvrir ça, avec le parcours pour commencer : https://maps.app.goo.gl/Z57cJ5ogdybFB8yv6

Départ à la "fraîche" ce matin à 8h30, direction le sud et les grands cols mythiques. On va se gaver et ce sera un vrai juge de paix pour savoir si cette R 12 R fait vraiment bien le job sur ce type de terrain (je n'en doute pas !), mais au long cours (parce que là, on va manger des kilomètres !). Le premier morceau sera donc bien sûr le col du Lautaret, qui faitselon moi la jonction entre alpes du nord et alpes du sud. Comme d'habitude, tout n'est que régalade, en particulier le tronçon final entre La Grave et le col lui-même, avec des montagnes qui se font plus présentes et des alpages monumentaux et encore bien verdoyants malgré la sécheresse des dernières semaines.


La descente ramène vers Briançon, en faisant attention d'éviter les bancs de terre laissés pas les coulées de boue des orages, quelques petits cailloux de ci de là, les mecs qui roulent n'importe comment et un ou deux mauvais radars... Objectif le col de l'Izoard, un monument de la route alpine. Tout y est exactement comme dans mes souvenirs : les hordes de cyclistes, les petits virolos de la première partie, le passage à Cervières qui marque une rupture de paysage, les zones rapides du haut entrecoupées d'épingles serrées, l'Auberge Napoléon, le photographe dans le virage juste avant la fin... et la foule au sommet ! Pu...n, quel plaisir ! Et quelle claque systématique quand on bascule sur la Casse Déserte et ses paysages lunaires juste derrière...





Pour rejoindre Guillestre, il nous faut passer les fameuses gorges du Guil. D'habitude, c'est un passage plutôt agréable, alliant décor de dingo et relative fraîcheur. Pour le premier point, c'était ok, mais pour le second, on repassera. La température a déjà sévèrement augmenté à la mi-journée et l'air frais du col me manque déjà...


Allez, reprenons vite de l'altitude, histoire d'aller mieux respirer. Au programme, le col de Vars, un autre sacré morceau que je connais presque parfaitement pour l'avoir souvent parcouru. Il peut être monté en mode touriste, à rythme soutenu... ou carrément le couteau entre les dents. Depuis quelques rencontres avec la maréchaussée dans le coin, je n'opte plus pour la dernière option ! Ceci ne m'empêche pas de doubler moult touristes, pas seulement à vélo... Quel que soit le rythme adopté, Vars reste toujours un plaisir et c'est surtout quasiment parvenu au sommet de le paysage livre tout son charme.





À mi-parcours de la descente, un choix cornélien s'offre à vous : à gauche, on part vers le col de Larche et l'Italie, à droite Barcelonnette. Pour ma part, l'objectif principal du jour étant le col de la Bonnette, ce sera vers la droite jusqu'à Jausiers où l'on repique à gauche pour 23 kilomètres de bonheur. Oui, je sais, il y a des jolis panneaux de limitation à 50 tout le long. M'enfin, en faisant gaffe et en roulant intelligemment, on peut se faire plaisir dans cette montée sans se traîner ni se prendre pour Marc Marquez... Et ça permet d'apprécier à sa juste valeur ce qui s'offre sous vos yeux ébahis. Pour moi c'est bien simple, la Bonnette est tout simplement le plus beau des cols alpins !






La descente de la vallée de la Tinée me donne un aperçu de ce que sera la fin de la balade : une longue cuisson à l'étuvée ! Plus je perds de l'altitude, plus le thermomètre du compteur grimpe, atteignant 35* à St Sauveur. J'opte donc pour une route que je ne connais pas en partant vers le col de la Couilloole. Bonne pioche, c'est tout simplement somptueux, d'abord bien viroleux et très étroit, serpentant entre pins et roches rouges/violettes typiques du coin. On passe au pied de l'incroyable village de Roubion, littéralement accroché à flanc de falaise, puis le paysage s'ouvre progressivement pour atteindre le col. Ensuite la route s'élargit et le dénivelé se fait moins présent, on évolue en terrain de moyenne montagne pour atteindre Valberg, petite station au cachet bien sympathique. Puis il faut replonger vers la vallée et la canicule, pour rejoindre le village de Guillaumes, complètement envahi de motards en pause désaltérante !




Pour le final, ça devrait être encore un grand moment, puisque c'est par le col de la Cayolle qu'on va commencer à.vraiment prendre le chemin du retour. Si l'itinéraire est toujours aussi réjouissant en termes de paysages, la route, en particulier sur ses derniers kilomètres et dans la descente vers Barcelonnette, est sévèrement dégradée. C'est le seul moment de cette sortie où je me suis pris à regretter mon ex GSA qui proposait plus d'amortissement et donc de confort sur ce type de chaussée défoncée. Bon, c'est pas tout ça, mais je suis encore loin d'être rentré, moi ! À Barcelonnette, je sens bien que tout ce qu'il me reste à faire sera un mix étrange de plaisir et de souffrance... Plaisir, parce qu'on est quand même bien à rouler à moto sur de belles routes. Souffrance, parce que la chaleur devient vraiment pénible. 35° ici, 38° au lac de Serre Poncon, on ira jusqu'à presque 40° à Gap et 39°, en arrivant finalement chez moi à Grenoble.






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