samedi 13 juillet 2013

Essai du Peugeot Metropolis 400 i

Après avoir baladé le monde scooteriste pendant pas loin de quatre ans, Peugeot Scooter a enfin sorti son fameux et très attendu scooter trois roues, le Metropolis. Sera-t-il au niveau pour venir jouer les trouble-fête dans un marché jusque là quasi exclusivement approvisionné par Piaggio et son MP3 ?

Premier point, le look de l'engin. Certes, le Metropolis est loin de posséder le look ravageur entrevu sur le concept Hybrid 3, lequel était vraiment superbe. Malgré tout, ce Metropolis semble plaire. A titre personnel, en matière de tripode je lui préfère de loin le Gilera Fuoco (désormais disponible en version LT donc accessible aux permis B + formation de 7 heures), mais force est de constater que ce nouveau modèle Peugeot a ses inconditionnels. De ce point de vue, c'est donc plutôt réussi.



Petit tour de la machine : la finition est plus que correcte, sans doute un léger ton au dessus de Piaggio et Quadro, ses deux concurrents directs. C'est bien assemblé, les plastiques sont plutôt corrects, la selle est très belle et bien réalisée... Pas de fautes de goût. Le tableau de bord est très complet, mais manque sérieusement de modernité et d'audace, dommage. La bulle est réglable en hauteur sans outils et l'opération se gère en moins de cinq secondes. Très bon point ! Moins bien en revanche, le volume d'emport sous la selle et dans le coffre. Sous la selle, pas moyen de mettre autre chose qu'un casque jet, et sans doute pas un taille XL ! Dans le coffre, soit disant passe un intégral... je n'ai pas pu vérifier, mais à vue de nez, les grandes tailles et les casques modulables un peu volumineux auront sans doute du mal à se caser.

Tableau de bord lisible, complet mais pas très glamour !
Un coffre généreux... mais pas énorme ! Attention à la taille du casque...
Trêve de discussion, allons rouler ! La prise en mains est très facile, plus que celle d'un MP3. Non pas que le poids ou l'encombrement soient moindres, loin de là ! Mais en revanche, la hauteur de selle est réduite et les pieds sont donc bien au sol, même pour un pilote de 1,70 m. Pour le reste, habitué au MP3/Fuoco je ne suis pas dépaysé : le bouton de blocage de la direction est situé au même endroit (commodo droit, au pouce) et fonctionne comme sur le Piaggio et tout le reste des commandes tombe naturellement sous les doigts. Le tableau de bord est très clair et lisible, jauge d'essence et température moteur bien mis en valeur.
Gaz, c'est parti. Le moteur 400 cc, entièrement nouveau et signé Peugeot, développe 37 cv. Il s'avère volontaire et répond présent dès la rotation de la poignée. Certes, il y a toujours le petit creux au lancement de la machine, mais il est moins sensible que sur le bloc Master de Piaggio. Les énervés du démarrage ne manqueront certainement pas d'alléger un peu les galets pour rendre le Metropolis plus nerveux en usage urbain, mais cela se justifiera moins que sur un MP3 500. Volontaire oui, mais les quelques poneys manquants par rapport au bloc 500 du Piaggio se sentent malgré tout sur l'allonge. Cela s'avèrera probablement en duo chargé, mais ne fait malgré tout pas du Metropolis un percheron anémique. Tout juste la vitesse max sera-t-elle moindre de quelques km/h, mais qui s'en soucie de nos jours vu les contraintes imposées par la Sécurité Rentière et les lobbys anti-vitesse grassement financés par nos impôts alors qu'ils ne représentent qu'eux mêmes...


Bulle en position basse, on est bien protégé sur le buste et les épaules mais le visage prend l'air. Agréable avec cette chaleur estivale, mais il faudra remonter le pare-brise pour un trajet autoroutier ou en roulage plus friquet... La selle est, elle, remarquable de confort. On est loin de la bouse du MP3 qui tanne les fesses et glisse vers l'avant, vous imposant de passer par la case sellier pour pouvoir rouler au long cours.
Le freinage n'est pas spécialement mordant, mais il s'avère efficace à souhait et assez endurant. Reste que le couplage avant/arrière à la poignée gauche ne permet pas de mettre une lichette de frein arrière en entrée ou dans une courbe, sous peine de voir le Metropolis se redresser immédiatement... Il faudra donc anticiper !
Bon point également aux rétroviseurs qui, bien que près de soi, s'avèrent très efficaces et parviennent à vraiment assurer leur mission en montrant autre chose que les coudes et épaules du pilote.

Bien dessinée, la selle est un modèle de confort.
Le bouchon de réservoir d'essence est situé sous la selle.
La position de conduite est plus agréable que celle du MP3. On n'est pas gêné par la pédale de frein au pied droit et on bénéficie d'un tout petit peu plus de place pour les jambes. Le tablier est également moins proche des genoux, ce qui n'est pas un mal, loin s'en faut ! Malgré tout, il reste impossible d'étendre ses jambes vers l'avant comme sur bien d'autres scooters "classiques" à deux roues.
Le remplissage d'essence ne peut se faire qu'en soulevant la selle, le bouchon se trouvant sous celle-ci. Certes, c'est mieux au niveau sécurité pour éviter de se faire fracturer la trappe et siphonner le réservoir, mais si l'on transporte un passager ou un bagage de selle, cela sera plus laborieux. Au moins, on se consolera en se disant qu'on n'a plus besoin de la clé pour toutes ces manoeuvres, la clé électronique mains libres du Metropolis se gardant dans la poche et tout se faisant depuis des boutons au tableau de bord (ouverture de la selle et du coffre, frein de parking électrique, démarrage du moteur...). Bien pratique au quotidien !
Bon, et ce fameux train avant à deux roues, alors ? Il inaugure une nouvelle technologie propre à Peugeot et différente de celle utilisée par Piaggio et Quadro sur leurs tripodes. Autant sur route lisse et dans les ronds-points urbains il s'avère neutre, autant dans les virages bosselés je ne l'ai pas senti aussi imperturbable que peut l'être le HTS du Quadro, lequel est un rail quelles que soient les conditions. Le Metropolis est moins "tombant" que le MP3, mais aussi moins rassurant de prime abord. Sans doit-on s'y habituer et cela n'est-il dû qu'à des sensations de pilotage. Mais bon... Par ailleurs, son blocage (équivalent du Roll Lock de Piaggio) ne peut intervenir qu'à l'arrêt ou quasiment. De fait, pas évident de pouvoir l'activer sans être en presque déséquilibre si on ne sort pas un pied pour se stabiliser.

Alors, au bilan ? Le Metropolis est une machine sympathique, au niveau de prestations globalement élevé. Il vient concurrencer Piaggio plus sur le terrain du confort et de l'agrément quotidien d'usage que de la dynamique du pilotage. Rien que pour cela, il mérite d'être essayé pour qui cherche un scooter trois roues. Mais pour les "pilotes" souhaitant une machine plus performante, qui roulent plus solo que duo, un Gilera Fuoco LT sera probablement plus adapté. Quant au Quadro, il jouera la carte du tarif plus serré et de son nouveau bloc 350, de son comportement routier irréprochable mais ne pourra suivre le rythme avec son déficit de 10 cv.

Merci à Pôle Scoot/Peugeot Menduni à Fontaine pour l'essai de cette machine

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